Comme les policiers, paramédics et pompiers, les patrouilleurs de fait divers sont appelé sur les lieux de tragédie humaine. La différence est que nous sommes rarement les bienvenus sur les lieux d'une tragédie, et ce, malgré que beaucoup de monde veut la voir par le biais des médias. Les policiers nous tassent souvent… les témoins ou familles nous crient après et nous lancent des injures.
Heureusement, la photo à sensation fait de moins en moins la nouvelle. Comme éditeur, en aucun temps, je n'accepterai de diffuser des images sensationnistes et qui manquent de respect à la ou les victimes. La même chose pour les journaux auxquelles je travaille hebdo Rive nord, Trait d'union et autres publications de transcontinental dans Lanaudière.
Comme les services d'urgence, on ne sait jamais ce qui nous attends sur les lieux de l'appel. À deux reprises, je me suis retrouvé à couvrir la mort d'une connaissance sans compter les accidents moins graves. Le 9 janvier 2008 alors que je couvrais des vents violents à l'Épiphanie avec le lieutenant Michel Ouellet du service incendie de Repentigny, un appel pour un accident grave est entré sur les ondes à quelques kilomètres d'où je me trouvais… c'était la fille de Michel Ouellet âgée de 17 ans, qui venait de mourir dans un accident de la route.
Le samedi 22 mai 2010 alors que je me dirigeais sur une affectation de photographe à L'Assomption un accident mortel de moto rentrait sur les ondes de la police de Mascouche… Il s'agissait de Max Vallée un policier de l'Assomption souvent côtoyé sur les scènes policières et également côtoyé dans ma jeunesse à l'école secondaire LPP à Châteauguay.
Nous devons nous former une carapace à la vue de tragédie de façon quotidienne si nous voulons rester saint d'esprit… Carapace qui devient souvent molle à la vue de jeune victime… carapace qui devient pratiquement inexistante quand nous sommes face à des connaissances.
La couverture de tragédie dont je connais les victimes me fait grandement réaliser que je dois porter une attention particulière aux victimes peu importe ce qu'elles ont fait… je dois les respecter, car elles ont des familles, des amis et des collègues.
Lundi 24 mai, j'ai été sur les lieux de la tragédie qui a frappé Max Vallée… Plusieurs dizaines de personnes ont été essayées de comprendre l'incompréhensible en plus de déposer des fleurs et une croix… Amis, collègues,familles … et ses enfants s'y trouvaient… une scène atrocement inhumaine. Ayant aussi perdu mes parents à peu près à leurs âges, je comprenais tellement ces petites puces de l'âge de mes enfants qui venaient de perdre leur papa.
Cachée derrière mes lunettes soleil, les yeux remplis d'eau et la gorge serrée devant cette scène, la réalité me faisait une fois de plus comprendre pourquoi je devais tellement respecter les victimes lors de mon travail.
Au nom de l'équipe de Photo-media.ca et en mon nom personnel mes plus sincères sympathies à la famille, amis et collègues policiers de Max.